Les Ô troubles

Les Ô troubles

La chambre des morts, Franck Thilliez, Editions France Loisirs, 2012

        En pleine nuit, au milieu de nulle part, un homme surgit et se fait renverser. À ses côtés, un sac rempli de billets. Voleur ? Trafiquant ? Peu importe. Deux millions d'euros, là, à portée de main. Aucun témoin. Que faire ? Appeler la police, ou disparaître avec l'argent ? Vigo et Sylvain, jeunes informaticiens au chômage, ne tardent pas à se décider. Le lendemain, une fillette aveugle est retrouvée morte dans un entrepôt. Peu après, une autre est enlevée. Diabétique. Ses heures sont comptées. Et si le magot n'était autre que la rançon destinée à sauver la vie d'une gamine ?

 


 

 

        Bien, bien, bien…, j’ai neuf heures de route devant moi…il me faut un truc simple dans lequel je pourrai intercaler des phases de somnolence…Je feuillette et, un synopsis kidnappe mon attention : je veux déjà connaitre le fin mot de ce polar. En même temps, le style a l’air simple donc impec. Une bonne lecture de tableau de bord ! Donc ce sera lui, je ne connais pas Franck Thilliez, c’est le moment.

L’autoroute des vacances plus tard : « Mais, c’est quoi ce dénouement qui ne ressemble à rien ? ».

Mais commençons par le commencement…

 

        La plupart du temps c’est un vrai plaisir de se plonger dans un polar, on s’attend à quelques sueurs froides, à des sursauts et à des puits d’interrogations. Et bien là, nous avons tous les ingrédients de base…mais le cuisinier n’a pas su les mettre en valeur…à mon goût…

 

        Il y a un début sur les chapeaux de roues : disparition, accident, mises en scène macabres. Je souris béatement. Et puis, à la manière d’une claque en plein visage, un premier voile est levé et un pan du mystère s’effondre, comme ça, sans mise en scène et sans suspense, dès les premiers chapitres. Pour une lecture d’autoroute, tomber en rade avant même d’avoir passé Paris, c’est moche !

Bon, on ne va pas faire demi-tour maintenant, continuons. Et la première moitié du livre finit par me séduire un peu. Franck Thilliez cherche à entraîner son lecteur dans un univers sombre et lugubre : celui notamment de la taxidermie (que réellement j’exècre). Les allusions régulières à divers tueurs en série et autres artistes du scalpel m’ont fait plaisir. C’est surtout le fait qu’Honoré Fragonard soit évoqué régulièrement qui m’a enthousiasmée (ce personnage m’a fascinée fut un temps). Franck Thilliez s’applique ainsi à mettre en place un décor qui, sans être réellement exceptionnel, aurait pu être bien plus anxiogène…En effet, il y a trop d’éléments dévoilés et cette mise à nue n’a pas de sens selon mes « critères de lecture polars ». De plus, le style « simple » qu’utilise l’auteur ne comble en rien les failles de la narration. Mais, sans doute d’autres lecteurs y trouveront leur bonheur puisque ces caractéristiques permettent de s’attarder un peu sur le second plan, sur la psychologie des personnages.

 

        Les personnages sont plutôt agréables à suivre et cohérents. Bien que l’histoire soit mal ficelée à mon goût, les protagonistes sont tout de même là pour donner un peu plus d’intérêt à l’enquête. Il y a de nombreux doublons (je tais le détail pour ne pas spoiler). L’un des personnages clefs est bien sûr Lucie, jeune flic qui, pour une fois, reconnait qu’elle n’a pas tout réussi dans la vie, qu’elle s’est un peu laissée aller physiquement, etc. Je l’ai bien appréciée, moi, cette femme ! C’est un peu cliché, mais elle cache un noir secret…C’est assez commun dans ce type d’ouvrage, mais je reste facile à séduire sur ce point !

Les autres personnages sont un méli-mélo de ce que l’humain a de plus vil ou de plus lâche, c’est mon idée. Et ce que j’ai savouré ici, c’est la danse macabre que l’argent peut faire faire aux hommes, les billets font de nos congénères des pantins ridicules ! Et ici, tout particulièrement… L’effet papillon est très présent, et bien que je n’ai pas trop saisi l’intérêt qu’il a ici, je suis tout à fait d’accord avec les dires de l’auteur.

 

        Bien, nous voilà arrivés à la fin et…catastrophe cette fin ! On presse à nouveau les clichés pour en faire sortir un jus fade…Et surtout, bâclé ! Tout à coup l’auteur nous balance une explication qui ne rime à rien, alors qu’il avait fini par récupérer mon attention, il me laisse en plan ! Et, ça vient de moi où est ce qu’on ne connait même pas le devenir de l’une des victimes présumées… ?

 

        Bref, vous l’aurez compris, ce polar est une vraie piste de montagnes russes qui finit dans un mur…Mais, d’après ce que j’ai pu lire, ce premier volume n’est pas représentatif de ce que peut faire Thilliez alors…je commande le tome deux !

 

 

 



17/07/2013
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