Les Ô troubles

Les Ô troubles

Corps manquants, de Colleen McCullough, Éditions de Noyelles, 2008 (publié à New York dans sa version originale : On Off, par Simon & Schuster, 2006)

        1965. Connecticut. Au centre de recherche neurologique d'Holloman, deux employés découvrent, dans la chambre froide où l'on dépose les animaux de laboratoire avant incinération, un sac contenant un corps sans tête, coupé en deux...
Chargé de l'affaire, le lieutenant Carminé Delmonico établit rapidement le lien avec des meurtres sadiques récemment perpétrés. Toutes les victimes - des femmes - ont en commun leur jeune âge et leur couleur de peau.
L'enquête piétine. Seule certitude, le coupable travaille au centre de recherche. La tension monte en ville sous la pression des activistes noirs, convaincus qu'il s'agit de crimes racistes. Vite, un coupable, avant que d'autres corps ne manquent à l'appel...

 

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        Ce livre, je l’ai acheté au hasard, un jour d’ennui routier. Je me suis dit « tiens, pourquoi pas un petit polar »…Et il ne m’a pas apporté grand-chose de plus que quelques heures de distraction vite oubliées.

Si je viens vous en parler, c’est parce qu’il plaira sans doute davantage à d’autres et que je n’ai pas pour habitude de concevoir mon avis comme universel !

 

        Le mouvement général du récit est plutôt agréable, rythmé par des meurtres réguliers. Tellement réguliers d’ailleurs qu’ils en deviennent lassants, tout comme leur découverte. Mais cet aspect permet de mettre en avant l’importance du rituel, minuterie morbide et sadique. Le mystère est maintenu tout au long du livre, c’est là quelque chose de plutôt plaisant. Mais, de mon petit avis, chaque lecteur est plus ou moins sensible aux points que l’auteur choisi de développer, et pour ma part ici, pas grand-chose auquel j’accroche.

 

        L’histoire se déroule dans les années 60 (en 1965-66 pour être exacte) dans le Connecticut. Ce point permet à l’auteur de nous offrir une enquête « classique », sans PC, recherches de trucs auxquels on ne comprend rien, super programme de super expert… Tout se joue donc sur l’instinct d’un flic : Carmine Delmonico. Ce personnage, que nous suivrons aussi bien dans ses doutes que dans ses certitudes, est étrangement travaillé par l’auteur. Omniprésent, il ne devient pas pour autant familier au lecteur. Il y a quelque chose de froid dans les présentations qui nous en sont faites (je précise tout de même que ce protagoniste est apparemment présent dans d’autres volumes de l’auteur).

 

        À propos des personnages, le plus gros problème que j’ai eu avec ce livre a justement un rapport avec ce thème : leur nombre ! C’est un peu angoissant de nous présenter, l’espace des premières pages, plus d’une quinzaine de protagonistes ! Franchement à cet instant j’ai eu un peu peur… Heureusement, l’auteur nous donnera quelques repères au fil des pages pour qu’on s’y retrouve un minimum. Mais cette multitude empêche un certain suspense…Jamais on ne pourra vraiment s’imprégner de l’ambiance environnante, de la psychologie de l’un d’entre eux. À force de vouloir trop en faire, on ne fait plus rien…

 

        Les meurtres quant à eux sont proches de ce que nous pouvons trouver dans nombre d’ouvrages du même genre : basiques dirais-je. Les têtes sont conservées par le ou les meurtriers, il manque parfois des membres, les tenues sont grotesques. Bref, le propre du tueur en série un peu cliché.

Il n’y a pas de scènes violentes, pas de dureté dans le récit. Ce polar est calme, imperturbable.

 

        Je m’attendais à un rebondissement de dingue, quelque chose qui me ferait dire « pu… il m’a eue ! ». Eh bien non, même pas. Il y a bien un retournement, mais en une page, et d’une crédibilité toute relative…Ceci dit, tout nous est expliqué, c’est un point très positif parce qu’au moins, on ne reste pas sur notre faim à ce niveau. Et il faut l’avouer aussi, l’idée est plutôt bonne. Mais je crois tout simplement que ce type de lecture est ennuyeux pour moi…

 

         Bref, il serait légitime que vous ayez envie de vous faire une idée par vous-mêmes, et je vous y engage malgré tout ce que j’ai pu dire, parce qu’un lecteur ne fait pas l’autre et bien heureusement ! 



04/06/2014
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