Les Ô troubles

Les Ô troubles

Tony (London serial Killer), un film de Gerard Johnson (Britannique, 2009)

        Tony est sans emploi, il vit dans un appartement miteux de la banlieue londonienne…rien ne semble briser son quotidien sordide sauf lorsqu’il cède à ses pulsions et tue…avant de reprendre sa vie entre films d’action et réalité…


 

        Ok …vous n’aimez pas votre vie ? Votre job vous pèse ? Votre femme ou vos enfants peut-être ? Alors, observez Tony et je peux vous assurer que vous adorerez votre existence, aussi insipide soit-elle ! (Sauf bien sûr si vous rêvez de vivre la vie d’un Jeffrey Dahmer ou d’Ed Gein à la rigueur…). Le quotidien de ce type n’a qu’une seule définition : sordide ! Et toute la durée du film s’applique à le disséquer bien minutieusement…

Personnellement, cet homme a fini par me débecter (au-delà du côté psychopathe, j’entends)… 20 ans de chômage que l’on comprend volontaires, une mollesse de caractère flagrante, un aspect sardine coincée…bref, envie de le secouer !

Au début j’ai eu un doute, il me dégoute ou il me fait peine ? Je veux dire par là qu’il semble seul, un souffre-douleur facile, un naïf abusé. Et puis, finalement non, on ne sait pas trop quoi ressentir à son égard. Est-ce ce que le film voulait transmettre à son spectateur ?  

L’acteur (je précise que je parle de la  VO, donc sans doublure française douteuse…) est plutôt bien adapté au rôle, il ne met pas son spectateur à l’aise, pas du tout. Petite moustache, nez trop droit, regard vicieux et coupe de cheveux trop stricte. Bref, ce type est "trop" et parviendrait sans doute à bloquer le plus volontaire d’entre nous. 

 

        Ce film ne vous apprendra pas grand-chose de plus que son synopsis…et croyez-moi, de longs moments vous attendent. Loin de me décourager, j’ai cherché à comprendre pourquoi ces blancs dans le scénario, pourquoi ces longues scènes soporifiques et écœurantes. J’ai fini par me dire qu’il y avait peut-être une volonté de faire redouter le passage à l’acte de Tony. Ou est-ce pour que le spectateur s’imprègne de l’ambiance crade et poisseuse des lieux ? Est-ce parce que la vie de Tony elle-même est vide ? Bref, il me semble que cette bande joue sur les longueurs…je ne suis pas fan…

On ne peut pas dire non plus qu’il y a dans ce film de vraies scènes de violence. Non, au contraire, le sang n’est que très peu présent et les faits les plus dérangeants sont sous-entendus et non explicités (petite séance de découpage baignoire…). Il y a aussi ces sacs qui nourrissent régulièrement de leur macabre contenu les eaux noires d’une Tamise dépressive. Ils sont des rappels de l’activité du protagoniste et en même temps, rien ici ne choquera la sensibilité du spectateur. 

Finalement nous sommes un intrus, spectateur du quotidien d’un serial killer…spectateur aussi de tout le sordide qui l’entoure, celui qu’il cherche ou crée. Spectateur enfin de tout l’infect qui s’impose à lui par sa folie ou par la société dans laquelle il vit.

 

        Bien que je ne sois pas très enjouée par ce type de représentation urbaine, je donnerais quand même une petite mention aux décors. Dans toute leur simplicité, ils parviennent à nous faire ressentir la lourdeur de la vie dans les banlieues londoniennes; sordides, infâmes voir immorales… de quoi effectivement, se taper la tête contre les murs !  

 

        Si je devais le mettre en relation avec un autre film, alors je choisirais Bunny game. Non pas pour la soi-disant violence du second, mais pour le plat de la bande, pour le sordide en douceur et les temps morts inutiles.

 

Pour conclure…mouais bof…pas convaincue (ça, c’est la plus belle conclusion que je n’ai jamais rédigée !)



03/06/2013
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