Les Ô troubles

Les Ô troubles

Morts dents lames, Anthologie hommage à la violence, Collectif, aux Editions La Madolière, Décembre 2012

7/10

 

        Morts Dents Lames est une collection de textes sanglants, dérangeants, morbides et violents. Tout ce que la littérature lissée du moment n'offre plus aux lecteurs en mal de sensations fortes.

Rangez vos couteaux et vos lames de rasoir, les auteurs de cette anthologie ont sorti les leurs pour vous découper des tranches de vies aux petits oignons. De l'inquisiteur pervers, de l'anatomiste fou, du cannibale improbable au légiste pointilleux, de la fille innocente à l'adolescent complexé, la victime se cache parfois là où on ne l'attend pas.

19 nouvelles, 19 expériences de ce que la violence fait de mieux.

(4e de couverture)

 

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        Ouch ! Une anthologie hommage à la violence vous dites ? Et bien, je confirme…

19 auteurs se démènent dans le sang, le foutre et la sueur, pour vous servir un recueil visqueux, gluant, suintant, qui pue la chair pourrie, la folie et le sadisme.

 

        Je ne reviendrai pas sur tous les textes, mais je trouve que chacun le mériterait : ils ont tous quelque chose, une violence bien à eux, une perversion personnelle.

Chaque nouvelle est introduite par une fiche signalétique de l’auteur, et on remarque que certains d’entre eux signent là leur première publication, c’est quelque chose que j’aime beaucoup. Je pense par exemple à Borakovski Rébecca et à son très beau texte, « Le chef-d'œuvre », qui fera de vos hurlements une musique transcendante. Ou encore, Rivero Mathieu qui nous offre « Le sang des cailles », nouvelle qui nous conduit au cœur des rites funéraires de l’Égypte ancienne, où soin des morts et haine forment un duo malsain et dangereux. Rochat Clémence quant à elle, dans son texte « Tic tac », transformera une ruelle sombre en sordide salon de thé…une très belle image qui m’a beaucoup plu. Pendant ce temps, Étienne Gaëlle met en scène un étrange gamin, un brin répugnant, complètement taré, dans  « Le Thriller of Mouton Gris ». Il est des âges où tout peut changer et chacun les traverse à sa manière, avec plus ou moins de sang sur les mains…Enfin, le dernier auteur qui signe là une première publication : Fluxe Mathieu. Il nous offre « Poupées Larsen », un texte séduisant, aux relents de latex et de SM, aux allures d’un jeu violent dans lequel les règles servent un éprouvant va-et-vient…

 

        D’autres textes (la majorité) sont signés par des auteurs qui ont déjà quelques publications à leur actif. Je ne peux pas tout reprendre, il me faut aussi vous laisser découvrir ce recueil. Néanmoins, cette chronique serait incomplète si je n’évoquais pas « Anatomie, une Histoire de l’Âme » d’Olivier Caruso, qui ouvre ce recueil avec superbe ! Les bas-fonds d’un théâtre, le jeu avec la mort, les cadavres mis en scène, les raclures qui s’improvisent faucheurs…Une ambiance à la bougie qui sent le putride et la mort. J’adore !

        Il me faut aussi vous prévenir, quelque chose d’encore plus horrible se dissimule entre les pages, un être innommable, au sadisme dévorant : Le Prié. Avec plaisir, il tourmente le texte de Vincent De Roche-Clairmont, « Adelphe Ambroisie ». Quand la souffrance devient un art jouissif, quand les sens ne détectent rien d’autre que l’insoutenable, c’est sans doute qu’il a bien œuvré, qu’il vous a apprécié avant de vous rendre à la justice. Défendre la Foi lui offre mille variantes de plaisir sordides et calcinées… Ce personnage immonde ne vous laissera pas indifférent et vous ne souhaiterez qu’une chose : ne jamais tomber entre ses mains perverses…

        Des tarés d’un autre genre se vautrent entre les pages livrées à Lilian Bezard et à ses « Frangins du 77 ». Rôdée que je suis aux sadiques en tout genre, ils ont réussi à m’écœurer, à laisser un goût de bile au fond de ma gorge…Ces deux êtres se vautrent dans la perversion la plus malsaine avec un délice à gerber ! Quoi de mieux quand on s’ennuie, quand la gent féminine nous dédaigne et que les soirées ont un goût d’alcool tiède, qu’une bonne vieille murder party ?

 

        Je devrais encore vous parler de bien d’autres textes, comme ces êtres qui, dans « ils » d’Yves-Daniel Crouzet, viennent se servir en matériel humain sans s’encombrer de bonnes manières… Ou encore, ce cynique retournement de situation que nous révèle Thomas Spok dans « Entrez, dit-il »….Bref, je m’arrête là, mais auparavant je m’excuse de ne pas aborder tous les textes… Après tout, il existe un moyen simple de les connaître…lisez-les si vous avez les boyaux bien en place ! 



25/07/2014
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