Les Ô troubles

Les Ô troubles

Macabre / Rumah Dara, de Kimo Stamboel & Timo Tjahjanto (2009, Indonésien-Singapourien)

      Six jeunes gens partent en virée dans la campagne indonésienne. En chemin, ils croisent Maya, une fille étrange, et arrêtent leurs pérégrinations pour la raccompagner chez elle, dans une maison perdue dans la forêt... Le cauchemar va bientôt commencer…

      

                    

Mouhaha ! Un film Indonésien-Singapourien ? Bon, il faut que je le voie, j’aime bien le synopsis (oui je sais, il ressemble à bien d’autres, mais bon…).

        Avant d’entamer la rédaction de ce petit avis, je tiens à préciser une chose ; même si je n’ai pas encore eu le temps d’en parler, j’adore le cinéma asiatique. Leur représentation de la mort et des fantômes me plait énormément…et l’évocation de quelques titres suffit à me rappeler d’excellents souvenirs : la version nippone de Ring, The eyes, The wig, Nouvelle cuisine, Trois histoires de l’au-delà, Trois extrêmes…je m’arrête mais vous l’aurez compris, non démontée par 4bia (titre original See Prang, de Parkpoom Wongpoom & Banjong Pisanthanakun, 2008) sur lequel je n’ai pas du tout accroché, je me suis lancée dans la VOST de Rumah Dara ! Et sans surprise, ce film m’a un peu laissée de marbre, sans pour autant être totalement désagréable.

 

        L’histoire est plutôt classique, et pendant un temps on pourrait penser à un teenage movie sauce soja, avec un groupe de jeunes gens qui se retrouve embarqué par une mystérieuse victime dans une demeure lugubre aux relents de macchabées…Et puis, on comprend qu’ici, seront mêlés paranormal et meurtres bien réels…Les méthodes utilisées sont elles aussi classiques mais permettent de ficeler la trame, c’est tout ce qu’on leur demande. Finalement nous voilà dans un survival...

 

        Les décors ne sont pas particulièrement soignés, contrairement à certaines bandes de la même origine. On retrouve cependant une certaine sobriété que semblent s’imposer les réalisateurs, et une banalité inquiétante, quelque peu inhérente à toute famille un tantinet psycho…Je pense par exemple au repas offert aux hôtes, il y a dans la mise en scène un soin apporté à ce que j’appellerais une sorte d’élégance…Il y a de la noblesse dans cette demeure et en même temps…

 

        Les maitres des lieux ne sont pas tous réussis (selon mes critères, ce qui n’a rien d’universel, rappelons-le !). Gardons le meilleur pour la fin et commençons donc par les deux « enfants » (déjà un peu grands quand même !). Le frère est un peu trop, trop prévisible, trop expressif, trop. De plus, il essaie de se caparaçonner d’un regard noir…que j’ai trouvé plus drôle qu’effrayant. La sœur, quant à elle, est belle, glaciale et dérangée. Mais finalement assez plate, malgré quelques excès furibonds qui la rendent parfois charmante, elle est restée en surface. L’époux…il m’a horriblement fait penser à l’acteur de Human centipede 2…lunettes, petite surcharge pondérale disgracieuse, perversité mal maitrisée, on s’approche d’un bon résultat ! Et le personnage que j’ai préféré reste indubitablement la maitresse de maison : elle est pourtant très banale et sans réelle envergure, mais…elle semble gravée sur une plaque de marbre…et son regard, un peu kitch tout de même, est fixe et sombre. Dès qu’on la voit entrer en scène, et surtout si on a l’habitude de ce genre de scénario, on ne peut que se douter de son rôle.

 

        Les hôtes quant à eux sont diversifiés tout en restant habituels pour ce genre. On a les deux jeunes insouciants, le couple avec femme enceinte, la jeune fille seule et l’amoureux transit…rien de transcendant. Cependant, il y a une expression de la peur sur les visages, dans les cris…plutôt attractive.

 

        Le rôle de la musique kitchounette qui accompagne certains épisodes sanglants…bof…Par contre le fond sonore de tronçonneuse, il m’a bien plus… Quelle belle arme pour les films du genre…pas ma préférée, mais quand même, j’aime bien ! D'ailleurs, les scènes de charcuterie sont convenablement mises en valeurs grâce à ces petits ustensiles standards, mais qui ont fait leurs preuves !

 

Bref, ce film n’est pas à marquer dans les annales, mais il n’est pas non plus insupportable…par contre attention, on finit en pataugeant dans l’hémoglobine bon marché !

 



25/06/2013
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