Les Ô troubles

Les Ô troubles

L’enfant des cimetières, Sire Cédric, chez Le Près aux Clercs, 2009

        Un fossoyeur vivant près d’un cimetière est pris d’une folie hallucinatoire et tue toute sa famille avant de se suicider. Un adolescent, se croyant poursuivi par des ombres, menace de son arme les occupants d’un hôpital et tue Kristel, une artiste peintre. David, photo-journaliste, décide de découvrir l’origine de cette vague de meurtres sordides et de suicide, qui ne cesse d’augmenter. Bientôt il va être confronté à l’inimaginable. (4e de couverture de mon édition)

 

 



 

        Aurais-je un problème avec le prix Masterton ? C’est le deuxième ouvrage que je lis ayant reçu cette distinction et le deuxième ouvrage de l’année pour lequel je suis franchement déçue !

        Mais bon, « commençons par le commencement ». Ayant dévoré De fièvre et de sang, ouvrage du même auteur (chronique sur ce blog) et ayant particulièrement bien accroché je me suis dit : c’est parti pour un deuxième ! Impatiente je n’ai fait attention à rien et me suis jetée dès que possible sur ce volume dont j’avais entendu le plus grand bien…et finalement je suis très mitigée à son propos.

 

        Sire Cédric se veut sombre, cherche à soigner son style avec une noirceur et une morbidité ambiante poisseuse. Ce n’est pas pour me déplaire et j’avoue qu’au début je suis restée engluée avec plaisir. Et puis…et puis j’ai commencé à m’inquiéter lorsque je me suis rendu compte quelle large partie de l’explication nous était révélée dès le début. Si tout nous est dévoilé si vite, les 500 pages qui suivent ne comporteront-elles pas qu’une succession d’événements étoffant cet axiome ?

Et malheureusement à mon goût, c’est bien le cas de ce livre. Il est indéniable que les descriptions sont plaisantes, mais très rapidement… c’est horriblement répétitif ! (Ce n’est que mon avis et j’accepte toute opinion divergente !). Il y a un passage blanc dans ce livre, son cœur est un creux de vague…En plus clair : les ombres, ça pique. L’enfant, blanc maigre, sadique. Kristel. Voilà des éléments que j’ai presque finis par survoler !

 

        De même, je trouve que l’issue de plusieurs situations (qui auraient pu être palpitante) est bâclée. Tombe à plat par faute d’un dénouement plusieurs fois identique et ne nécessitant, selon moi, que peu d’imagination…Au final, il est des moments où je me suis dit en lisant : « pas la peine de flipper, ça va se terminer comme la dernière fois… » et ça se terminait bien comme la dernière fois…

C’est vraiment dommage parce que certains passages m’ont scotchée quand même, j’en déduis donc que certaines scènes n’ont pas l’écrin narratif qu’elles méritent !

 

        Bon, soyons un peu positive. Un point positif ? Une allusion à Allan Kardec (dont je conseille la lecture des ouvrages à quiconque s’intéresse au phénomène spirite bien sûr).

Ceci mis à part, l’ambiance n’est pas déplaisante puisqu’on oscille entre univers réel, onirique et au-delà. Les  cimetières et les catacombes ont ici une place de choix, et ils sont présentés avec un romantisme noir qui n’est pas désagréable. Il y a aussi une grande place attribuée à la description de cette sensation qu’est la douleur, de ce sentiment qu’est la peur. Mais bon, une fois de plus, au bout de la vingtième fois…on se lasse un peu des morsures…des dents rasoirs…du sang chaud/gluant…

 

        En ce qui concerne les protagonistes ; j’adore Vauvert (peut-être parce que je l’ai mieux connu dans De Fièvre et de Sang et que depuis il m’est sympathique) qui reste un flic comme je les aime : une brute (un Goon ?). Par contre, David ne m’a pas plus intéressée que ça, c’est un bas relief contrairement à Vauvert qui se rapproche plus du roc !

 

            L’intrigue basée sur une légende urbaine est plutôt sympathique à l’origine. Les légendes urbaines contemporaines font partie d’un panel que j’adore, et celle-ci est belle. Mais pour conclure, je dirais que nous pourrions comparer ce livre à un plat dans lequel se trouvent bel et bien tous les ingrédients, mais qui, trop cuit, a perdu sa saveur !

 

Je suis vraiment navrée d’avoir délivré ce genre d’avis quelque peu critique. J’aurais vraiment aimé être séduite, mais…ça n’a pas fonctionné cette fois-ci. Ceci dit, je ne baisse pas les bras, je sais que je peux retrouver chez cet auteur des textes que j’aimerai alors, je vais m’attaquer à une troisième œuvre parce que je pense sincèrement qu’il ne faut pas s’arrêter pour si peu !



22/04/2013
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